Pour évoquer la mi-mandat, les Espagnols parlent d’ "équateur". Le 14 mars 2004, il y a aujourd’hui deux ans, le socialiste José-Luis Rodríguez Zapatero, contre toute attente, remportait les élections législatives, trois jours après les attentats d’Atocha ; il lui reste désormais deux autres
années avant les prochaines échéances électorales.
À mi-parcours, le chef de l’exécutif obtient encore une bonne note : 5,53 sur 10 selon un sondage publié le 12/03/2006 par le journal El Mundo, qui le place en tête du classement des principaux dirigeants politiques.
En 24 mois, Zapatero a respecté plusieurs des engagements les plus emblématiques de son programme : le retrait des troupes espagnoles d’Irak, en rupture avec les États-Unis, le mariage des homosexuels dans l’Espagne des rois catholiques, le vote à l’unanimité d’une loi contre la violence conjugale dans un pays réputé machiste.
Enfin, l’économie s’est maintenue à un rythme de croissance qui fait des envieux en Europe : 3,4% en 2005, loin devant la France et l’Allemagne.
Le gouvernement a également ouvert les deux dossiers les plus épineux de son mandat : l’organisation territoriale du pays, et la disparition totale de l’ETA basque.
Première pièce du puzzle fédéraliste espagnol : le projet d’un nouveau "Statut", sorte de "mini Constitution", pour la Catalogne. Ce texte suscite une vive tension politique, alimentée en particulier par le Parti populaire (PP, droite), premier parti de l’opposition. Dans son préambule, déjà approuvé par les députés espagnols, le projet qualifie notamment la Catalogne de "nation", ce qui a fait bondir les centralisateurs madrilènes qui ne reconnaissent qu’une seule nation, l’Espagne .
Quant au terrorisme basque, Zapatero veut croire au "début de la fin de l’ETA". L’organisation n’a plus tué depuis 1.000 jours, et son entourage promet des velléités de dialogue. Les parlementaires espagnols ont voté en mai dernier une motion autorisant l’exécutif à négocier avec l’ETA si les terroristes déposaient les armes.
Seul le PP, qui avait pourtant rencontré à deux reprises la bande armée quand José-María Aznar était président du gouvernement, s’y est opposé. Les analystes estiment en tout cas que si l’ETA décidait de renoncer à la violence, elle l’annoncerait cette année, afin que son bras politique Batasuna puisse participer légalement aux municipales de 2007.
(Article original publié dans La Dépêche)


Au milieu du gué? je comprends pas, il fait du 4×4?
J’espère qu’il va pas se faire emporter par le courant.
(tu peux effacer ce commentaire)