Cet été les
Espagnols ont pu voir presque chaque soir les images spectaculaires de
bateaux de fortune bondés de migrants subsahariens arrivant aux îles
Canaries où 11.000 clandestins ont accosté en août. L’immigration, dans ce
pays qui a longtemps été une terre d’exil, est devenue un problème
politique et le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero, qui avait
régularisé plus de 500.000 sans-papiers en 2005, tient à montrer aux
électeurs que désormais, il prend les choses en main. "Le gouvernement
ne va pas tolérer que des immigrés clandestins continuent d’arriver sur
ses côtes", a déclaré la semaine dernière María Teresa Fernández de la
Vega, la vice-présidente de l’exécutif.
Pour
répondre à l’inquiétude des Espagnols, De la Vega s’en est pris aux
pays africains "qui ne respectent pas les traités bilatéraux sur
l’immigration". "Que ce soit bien clair, quiconque rentre illégalement
en Espagne devra, tôt ou tard, en repartir".
Au-delà
de la rhétorique, les socialistes au pouvoir à Madrid ont proposé un
pacte sur l’immigration au Parti Populaire (PP, la formation de droite)
pour que PS et PP s’abstiennent dans l’avenir de toute régularisation
massive de sans papiers. Le PP n’a pas encore répondu, mais la
proposition fait figure de première en Espagne, tant la vie politique y
est marquée par la bataille constante que se livrent les deux partis
principaux.
(Article original publié dans La Dépêche, parmi un intéressant dossier sur l’immigration africaine)
