C’est assez rare pour être souligné. Aux États-Unis, l’acteur, animateur et producteur Bill Maher a prononcé un monologue se moquant des francophobes de son pays. C’est parfois approximatif, mais souvent juste et toujours drôle. Cocorico.
Voici le script officiel en version originale :
Conservatives have to stop rolling their eyes every time they hear the
word, "France." Like just calling something "French" is the ultimate
argument winner. As if to say, "What can you say about a country that
was too stupid to get on board with our wonderfully-conceived and
brilliantly-executed war in Iraq?"And, yet, an American politician could not survive if he uttered the
simple, true statement, "France has a better health care system than we
do, and we should steal it." Because here, simply dismissing an idea as
French passes for an argument. "John Kerry? Couldn’t vote for him; he
looked French." Yeah, as opposed to the other guy who just looked stupid.
Now, last week, France had an election, and people over there approach
an election differently. They vote. Eighty-five percent of them turned
out. You couldn’t get 85% of Americans to get off the couch if there
was an election between "Tits" and "Bigger Tits," and they were handing
out free samples!
Now, maybe the high turnout has something to do with the fact
that the French candidates are never asked where they stand on
evolution, prayer in school, abortion, stem cell research or gay
marriage. And if the candidate knows about a character in a book other
than Jesus, it’s not a drawback.The electorate doesn’t vote for the guy they want to have a croissant
with; nor do they care about private lives. In the current race,
Ségolène Royal has four kids, but she never got married. And she’s a
Socialist. In America, if a Democrat even thinks you’re calling him
"liberal," he grabs an orange vest and a rifle and heads into the woods
to kill something!Madame Royal’s opponent is married, but they live apart and lead
separate lives. And the people are okay with that for the same reason
they’re okay with nude beaches; because they’re not a nation of
six-year-olds who scream and giggle if they see pee-pee parts!They have weird ideas about privacy. They think it should be private.
In France, even the mistresses have mistresses. To not have a lady on
the side says to the voters, "I’m no good at multi-tasking."Now, like any country, France has its faults, like all that ridiculous
accordion music. But, their health care is the best in the
industrialized world. As is their poverty rate. And they’re completely
independent of Mid East oil. And they’re the greenest country. And
they’re not fat. And they have public intellectuals in France. We have
Dr. Phil!They invented sex during the day, lingerie and the tongue. Can’t we admit we could learn something from them?
So, from now on, all you high-ranking Bush Administration officials,
because the French are righter than you on most things, when France
comes up in conversation, you are not allowed to roll your eyes. The
only time you get to do that is when your hooker from Ms. Julia is
blowing you.
Et voici une traduction approximative, trouvée sur le Net, complétée et prétendument améliorée par votre serviteur :
Les conservateurs doivent cesser de faire les gros yeux à chaque fois qu’ils entendent le mot "France". Comme si simplement taxer quelque chose de "français" était l’argument définitif. Cela revient à dire : "Qu’est-ce que vous allez nous raconter sur un pays qui a été assez stupide pour refuser de s’embarquer dans notre guerre en Irak, si merveilleusement conçue et si brillamment exécutée ?".
Et pourtant aux États-Unis, un homme politique ne ressortirait pas vivant d’un débat s’il prononçait cet argument simple et exact : "Les Français ont un meilleur système de santé que le nôtre, on devrait le copier". Parce que chez nous, il suffit de dire qu’une idée est française pour la disqualifier. "John Kerry ? Je ne pourrais jamais voter pour lui : il a l’air français". Alors que l’autre gars, il a juste l’air idiot.
La semaine dernière, la France votait, et les gens là-bas ont une approche différente des élections : ils votent. 85% de participation. On ne pourrait pas sortir 85% des étatsuniens de leur canapé même pour une élection entre "nichons" et "gros nichons" avec distribution d’échantillons gratuits.
Cette haute participation est peut-être liée au fait qu’on ne demande pas aux candidats français leur position sur la théorie de l’évolution, sur la prière à l’école, sur l’avortement, sur la recherche sur les cellules souches ou sur le mariage homosexuel [sic]. Et si jamais le candidat connait un autre personnage littéraire que Jésus, ce n’est pas une tare.
Les Français ne votent pas pour le gars avec qui ils veulent prendre un petit-déjeuner; ils ne s’intéressent pas non plus à la vie privée des candidats. Dans cette campagne, Ségolène Royal a quatre enfants mais ne s’est jamais mariée. Et elle est socialiste. Aux États Unis, si jamais un candidat imagine seulement que vous le considériez libéral, il enfile immédiatement sa veste orange, il prend un fusil et il file dans les bois pour faire un carton.
L’adversaire de Mme Royal est marié mais tous les deux n’habitent pas ensemble et mènent des vies séparées. Le sujet n’est pas évoqué dans les médias et ce n’est pas un problème pour les électeurs pour la même raison que les plages nudistes n’en est pas un : ce n’est pas un pays de gamins de 6 ans qui crient ou ricanent dès qu’ils voient un zizi.
Ils ont des idées bizarres sur la vie privée. Ils pensent qu’elle doit être privée. En France tout le monde a une maîtresse. Même les maîtresses ont des maîtresses. Ne pas avoir de maîtresse revient à dire aux électeurs : “Je ne suis pas capable de faire plusieurs choses à la fois”.
Bien sûr, comme tous les pays, la France a des défauts, comme leur ridicule musique d’accordéon. Mais leur système de santé et leur taux de pauvreté sont les meilleurs du monde industriel. Et ils sont complètement indépendants du pétrole du Moyen-Orient. Et c’est le pays le plus écologique [resic]. Et puis ils ne sont pas gros. Enfin la France a des intellectuels reconnus. Nous, on a Dr. Phil !
La France a inventé les rapports sexuels durant la journée, la lingerie, et le baiser avec la langue. On ne pourrait pas admettre que l’on peut apprendre quelque chose d’eux ?
Alors je préviens les hauts fonctionnaires du gouvernement Bush : à partir de maintenant, puisque les Français ont davantage raison que vous sur un tas de choses, lorsque la France surgira dans la conversation, vous n’aurez plus le droit de faire les gros yeux. Le seul moment ou vous pourrez faire ça, c’est quand votre prostituée de chez Mlle Julia vous taillera une pipe [reresic].

J’ai bien rigolé! Bonne trouvaille!
« Et voici une traduction approximative, trouvée sur le Net, complétée et prétendument améliorée par votre serviteur. »
Et cette amélioration en est vraiment une : plus exacte et plus élégante. Par contre, pourquoi avoir supprimé la référence au croissant pour parler plus sobrement de « petit déjeuner » ? Ca n’est pas essentiel, je vous l’accorde, mais c’était plus marrant.
Merci de ces compliments !
Yann en fait le “petit déjeuner” vient de la première traduction. C’est moins précis que croissant, mais peut-être plus naturel dans une bouche française qui n’a pas besoin de faire un clin d’oeil sous forme de cliché culturel à son auditoire.
“To have a croissant with” ce serait en français “manger (ou partager) un croissant”… Autant j’imagine parfaitement la question d’un sondeur “Avec quel candidat préféreriez-vous prendre un petit déjeuner ?”, autant j’ai du mal à concevoir “Avec qui seriez-vous le plus disposé à manger un croissant ?”.
Mais bon il s’agit d’une perception personnelle, relativisons avant de sombrer dans les pratiques antiques avec des diptères. Il y a assez de traducteurs professionnels (ou étudiants…) pour se prendre la… mouche là dessus !
Rajoutons que dans le doute, ma paresse me pousse à ne rien changer pour éviter de reprendre toute l’édition
!