Le Monde appelle cela tourner en rond. Pour Véronique Mortaigne, 15 des 21 chansons de Radiolinda, le dernier album de Manu Chao, sont “de la fainéantise, du désintérêt, du creux”. C’est vrai que Manu Chao ne se foule pas. Mais lui même le reconnaît; je me souviens d’une interview à la radio, sûrement lors de la promo de Próxima Estación: Esperanza (désigné à l’envers par Mortaigne et qualifié de “lumineux”), où il disait déjà, de mémoire:
Moi je fais de la musique, je recycle des vieilles chansons, j’ajoute des sons que je trouve à gauche et à droite et quand j’en ai assez je sors un album. Si les gens n’aiment pas, tant pis. Si les gens aiment, ils achètent mes disques, et avec l’argent je me paie mes voyages au bout du monde, voyager c’est ce que j’aime le plus dans cette vie.
Je viens de sponsoriser les voyages de Manu Chao à hauteur de 9,99€. Je trouve que cela le vaut. Il y a effectivement des morceaux meilleurs que d’autres, mais tous s’écoutent agréablement. Certaines compositions méritent de s’attarder sur les textes -je pense à Me Llaman Calle, que ceux qui ont vu le film Princesas [ES] connaissent déjà-, d’autres accompagnent parfaitement un rangement de chambre. Cela ne déménage pas comme à l’époque de Mano Negra, mais tout le monde est prévenu.
P.S. : Papito dit dans les commentaires que je suis “dur”. Pour rééquilibrer la balance, allez voir son opinion. Elle est largement plus favorable, mais elle est aussi plus exhaustive que mon billet en forme de zoom.
/ Como cada vez que Manu Chao saca un nuevo disco, se dice que es lo mismo de siempre. Pero por qué sorprenderse, si él mismo lo reivindica en cada ocasión. Ya lo repetía la semana pasada en una entrevista con El País Semanal:
Las canciones son bichitos que se reproducen. La misma música te puede servir para dos o más canciones, no entiendo que se me recrimine por eso. [...] Voy probando ideas a lo largo de los años. Un tema que estaba en el disco de Amadou et Mariam reaparece en La radiolina. Hay canciones como El hoyo que llevan siglos rodando por Internet. Igual que The bleedin clown, que viene de los principios de Mano Negra.
Sí, es reciclaje. Pero bien hecho. Con sus ritmos, su mensajillo poético político, y su lenguaje que mezcla los idiomas. Yo asumo perfectamente gastarme 9,99€ en residuos reciclados, siempre que el resultado sea agradable al oído. En la web oficial se pueden escuchar extractos del disco.
